La salle polyvalente de la Distillerie accueillait ce vendredi Corinne Chandon pour une conférence sur « le vin en Italie, une culture, un art » sur invitation du Comité de Jumelage du Cabardès à Montefalco.
Symbole des plaisirs terrestres ou célestes le vin à une longue histoire et c’est cette histoire que Corinne Chandon nous a présentée. Jeune Montpelliéraine, Corinne Chandon est traductrice et formatrice en Italien pour les entreprises dans le Languedoc-Roussillon, elle épaule également des producteurs de vins en qualité de conseil pour les importations. Dernièrement, elle a travaillé aux côtés de la région Sicilienne à Vinisud, salon professionnel du vin à Montpellier et elle se rend à Vinitaly (salon professionnel du vin en Italie)chaque année.
Véritable passionnée, elle a fait découvrir à un auditoire fourni et attentif, l’aventure tumultueuse du vin en Italie depuis l’Antiquité.
Après avoir introduit sa conférence par une présentation des premières origines du vin, son développement sous les Etrusques et les Romains, puis au IV e avec la christianisation et la liturgie de la communion, elle a évoqué sa conservation. En amphore puis en tonneau avec des méthodes de garde qui ont évolué au cours des siècles. Elle a posé la question de l’identité et de la typicité d’un vin en fonction de sa localisation et des cépages.
Elle a ensuite abordé les crises dans la production du vin et la mise en place d’une législation progressive pour le contrôle des vins. Des crises quantitatives avec l’interdiction faite par Domitien de planter de nouvelles vignes, les invasions du Moyen âge mais aussi une crise qualitative avec le remplacement des amphores par des tonneaux trop perméables et mal stérilisés.
Malgré ces crises, la production du vin a perduré car les Italiens ont su saisir plusieurs opportunités et profiter des aléas négatifs et positifs de l’histoire. Tout d’abord, en 1862 l’Italie acquiert de nouveaux marchés internationaux grâce à l’exposition universelle de Londres puis à partir de 1863 l’attaque du phylloxera en France et en Europe lui permet de découvrir de nouveaux acheteurs. Le blocage à l’export de la vente en vrac de ses vins et la législation sur les appellations contrôlées (DOCG) l’ont conduite à s’orienter vers une production de qualité.
De l’exposé à la dégustation gourmande des vins, le pas fut vite franchi. Corinne Chandon avait sélectionné des vins rouges siciliens composés de Nero d’Avola, un cépage typique de Sicile. Des vins du domaine Casa di grazia, représentés à Vinisud, à Montpellier, en vente depuis peu en France. Dans un deuxième temps deux vins du Cabardès en culture biologique, élaborés par Marie Claude et Robert Curbières ont été savourés. Bernard Farnos, Michèle Estada, Henri Rodriguez membres du Club d’œnologie ont apporté lors de ces dégustations des commentaires pertinents et subtils.
En parallèle à cette conférence, Alain Moillet, un Ventenacois qui réalise de belles sculptures sur bois avait exposé quelques-unes de ses œuvres originales parmi lesquelles une sculpture dédiée à la gloire du Dieu Bacchus intitulée « la sieste de Bacchus »
Une soirée réussie placée sous le signe du vin, de l’art et de la convivialité. Merci aux organisateurs et à Corinne Chandon, conférencière souriante, qui a su faire partager à l’assistance sa passion pour l’Italie et le vin, un vin chargé de symboles qui s’est affirmé comme un facteur de développement économique et d’enjeu politique.
J.ROQUIER